L'Institut professionnel de la fonction publique du Canada

Le texte d’opinion suivant du président de l’Institut, Sean O’Reilly, a été publié en février dernier dans le journal Les Affaires.

LES IDÉES DES AFFAIRES  --- Alors que l’instabilité règne dans les relations avec les États-Unis, le premier ministre Mark Carney a clairement défini la voie à suivre: réduire la dépendance du Canada envers les États-Unis et augmenter les exportations à l’extérieur des États-Unis de 50% dans la décennie à venir.

Cet objectif est ambitieux et nécessaire, mais il repose sur une hypothèse cruciale, celle que le Canada dispose des infrastructures publiques nécessaires pour gagner et conserver la confiance des marchés mondiaux. À l’heure actuelle, ces fondations sont fragiles.

Les coupes budgétaires imposées à l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) menacent l’un des atouts commerciaux les plus précieux du pays, c’est-à-dire la confiance dans notre système de sécurité alimentaire et de santé animale. En cette période où la crédibilité et la rapidité sont primordiales, le Canada réduit les capacités du système qui sous-tend l’accès à près de 200 marchés internationaux.

L’économie agroalimentaire du Canada représente 100G$ par an. Le budget d’environ 1G$ de l’ACIA protège cet écosystème, ce qui en fait un investissement au rendement extraordinaire. Toutefois, les compressions budgétaires mettent cet écosystème en péril en supprimant plus d’un million d’heures d’inspection, de surveillance et d’expertise scientifique chaque année.

Plutôt que de réduire la bureaucratie, on supprime les postes des spécialistes qui empêchent les maladies de se propager avant que les frontières ne soient fermées.

Les partenaires commerciaux ne se contentent pas de croire sur parole un pays qui affirme que ses animaux, ses végétaux ou ses aliments sont sûrs. En effet, les épidémiologistes vétérinaires, la surveillance des maladies et des insectes vecteurs et l’analyse des risques sont des exigences commerciales fondamentales.

La suppression de cette expertise augmente le risque que des maladies non détectées entrent au Canada et compromet l’accès aux marchés d’exportation en mettant à pied les spécialistes mêmes qui contribuent à maintenir ces marchés ouverts.

Imaginez une épidémie d’une maladie comme la fièvre catarrhale du mouton, la peste porcine africaine ou même un seul cas de fièvre aphteuse sans surveillance nationale adéquate en place. Le Canada pourrait perdre son statut d’exportateur du jour au lendemain, ce qui aurait des conséquences désastreuses pour des secteurs d’activité entiers.

Sans vétérinaires pour enquêter, contenir les maladies et certifier l’état sanitaire, les épidémies se propagent plus rapidement, les marchés restent fermés plus longtemps et les pertes s’accumulent. Le risque de propagation des maladies zoonotiques à la population humaine augmente également. 

Le plan de réduction proposé ne prévoit aucune mesure pour gérer ces risques.

On présume qu’une équipe réduite de spécialistes peut, d’une certaine façon, en faire plus avec moins, ce qui est impossible dans un système déjà poussé au-delà de ses limites. Les effectifs de l’ACIA sont restés stables pendant une décennie, alors que la charge de travail a augmenté. Le Canada manque déjà de vétérinaires pour inspecter les camions d’exportation avant leur départ. Le système fonctionnant sans redondance, de nouvelles compressions risquent de supprimer complètement la marge de sécurité.

L’expertise requise n’est ni abondante ni remplaçable. Comme les épidémiologistes vétérinaires se font rares au Canada et qu’il n’y en a que quelques dizaines dans le monde, nous ne pouvons pas nous permettre de les perdre. Les universités et le secteur privé ne maintiennent pas de systèmes de surveillance nationaux, et ce n’est pas de leur ressort. Si l’ACIA perd ses capacités, le travail ne sera pas «rationalisé»: il s’arrêtera.

La diversification des échanges commerciaux vers des marchés autres que les États-Unis ne fera qu’accroître la pression sur laquelle l’ACIA est confrontée. Les négociateurs commerciaux du Canada ne peuvent pas se passer de la surveillance, des données et des contrôles de l’ACIA pour accéder à de nouveaux marchés. Chaque partenaire commercial impose des exigences particulières en matière de santé animale pour les produits que l’ACIA réglemente pour l’exportation. Pour faire des échanges commerciaux, le Canada doit être en mesure de démontrer sa conformité. 

Si un partenaire commercial exige une surveillance accrue (par exemple, pour la fièvre catarrhale ovine chez les insectes vecteurs) et que le Canada n’a plus cette capacité, le pays perd son accès au marché et les producteurs en subiront les conséquences. L’élargissement de l’accès aux marchés est impossible si les pays importateurs ne maintiennent pas leur confiance dans les systèmes d’inspection de l’ACIA. De ce fait, l’économie canadienne devient plus dépendante des États-Unis, et non moins

Une surveillance rigoureuse n’est pas un luxe, mais bien la solution la moins coûteuse aux interdictions d’exportation et aux urgences de santé publique évitables. À un moment où le Canada souhaite renforcer sa résilience, sa souveraineté économique et son indépendance par rapport à un marché hégémonique, l’affaiblissement de l’ACIA est irresponsable, tout à fait inutile, et met en péril des milliards de dollars d’échanges commerciaux.

Pendant 15 années consécutives, l'Islande s'est classée au premier rang mondial en matière d'égalité des sexes. Le Canada se classe au 36e rang.

Cet écart représente plus qu'un simple chiffre. Il reflète les personnes qui accèdent à des postes de direction, celles qui assument des tâches non rémunérées et celles dont les contributions économiques sont sous-évaluées.

Au Canada, les femmes représentent près de la moitié de la main-d'œuvre, mais n'occupent que 29 % des postes de direction. Les femmes gagnent 87 cents pour chaque dollar gagné par les hommes et déclarent consacrer 4 à 8 heures supplémentaires par semaine aux soins non rémunérés aux enfants et aux adultes.

Nous savons que la promotion de l'égalité entre les hommes et les femmes pourrait ajouter 150 milliards de dollars au PIB du Canada. Les arguments en faveur du changement ne sont pas purement abstraits. Ils sont de nature économique, sociale et urgente.

L'Islande montre ce qui est possible lorsque l'égalité est traitée comme une priorité nationale, soutenue par des politiques, une attente culturelle et un engagement public durable.

À l'occasion de la Journée internationale des femmes, participez à une conversation avec Eliza Reid, autrice de best-sellers, ancienne première dame d'Islande et ardente défenseure de l'égalité des sexes. Nous verrons comment l'Islande a réalisé des progrès mesurables et ce qu'il faudrait pour que le Canada fasse de même.

Quand : Mardi 10 mars à 13 h (HE)

Lieu : Sur Zoom

 Je m’inscris

Inscrivez-vous dès maintenant.

Les participant·es au webinaire auront la chance de gagner l'un des 25 exemplaires du dernier livre d'Eliza Reid, The First Lady Next Door.

Si vous avez des questions, veuillez nous contacter à bienmieuxensemble@ipfpc.ca.

Dépassons le stade de la reconnaissance du fossé et commençons à discuter de la manière de le combler.

Le Congrès du travail du Canada (CTC) recherche des représentant·es de l’Institut qui représenteront notre syndicat à ses comités consultatifs ou groupes de travail. Ces comités et groupes de travail conseillent les responsables du CTC et, par leur intermédiaire, le Conseil canadien. 

Nous recherchons des bénévoles passionnés par le mouvement syndical canadien et désireux d’exercer un mandat de trois ans au nom de l’Institut, à compter de juin 2026.

Consultez la liste des comités et groupes de travail, puis posez votre candidature en remplissant le formulaire ci-dessous. La date limite pour soumettre votre candidature est le jeudi 26 mars 2026. 

Comités du CTC

Comité consultatif sur l’environnement

  • Le/la candidat·e doit être titulaire d’un baccalauréat ès sciences et être employé·e par un ministère ou un organisme qui œuvre dans le domaine des sciences environnementales.
  • Il/elle doit être membre ou ami·e du Comité consultatif des sciences et être choisi·e par le Comité.

Comité consultatif en matière de santé et de sécurité

  • Le/la candidat·e doit avoir une connaissance des lois en matière de santé et de sécurité au travail.  
  • Il/elle doit aussi avoir une expérience dans le domaine de la santé et de la sécurité au travail, par exemple en tant que membre d’un comité mixte de santé et de sécurité ou en tant que représentant·e.

Comité consultatif sur les droits de la personne

  • Le/la candidat·e doit être membre d’un groupe en quête d’équité reconnu.
  • Il/elle doit être membre ou ami·e du Comité des droits de la personne et de la diversité de l’Institut et être choisi·e par le Comité.

Comité consultatif sur l’action politique nationale

  • Le/la candidat·e doit avoir une connaissance des processus politiques fédéraux et de l’élaboration des politiques publiques.
  • Il/elle doit également avoir de l’expérience dans les différentes stratégies d’engagement politique.

Comité consultatif sur la formation et la technologie

  • Le/la candidat·e doit avoir de l’expérience dans l’élaboration ou la consultation en matière de politiques de formation. 
  • Il/elle doit aussi avoir une connaissance des outils informatiques, y compris de l’IA. 

Comité consultatif des jeunes travailleurs et travailleuses

  • Le/la candidat·e doit être âgé·e de moins de 40 ans.  Le CTC exige d’être âgé·e de moins de 30 ans, mais reconnaît que l’Institut exige d’être âgé·e de moins de 40 ans.
  • Le/la candidat·e doit avoir une expérience à titre de membre du comité national ou régional des jeunes. 

Comité consultatif de la condition féminine

  • Le/la candidat·e doit s’identifier comme étant une femme.
  • Une expérience au sein d’un comité de femmes constitue un atout.

Groupes de travail

Groupe de travail sur les droits des personnes handicapées

  • Le/la candidat·e doit s’identifier comme étant une personne handicapée.
  • Une expérience au sein d’un comité de personnes handicapées constitue un atout.
  • Le/la candidat·e doit être membre ou ami·e du Comité des droits de la personne et de la diversité de l’Institut et être choisi·e par le Comité. 

Groupe de travail des personnes de couleur

  • Le/la candidat·e doit être membre d’un groupe racisé.
  • Une expérience au sein d’un comité de travailleurs et de travailleuses de couleur constitue un atout.
  • Le/la candidat·e doit être membre ou ami·e du Comité des droits de la personne et de la diversité de l’Institut et être choisi·e par le Comité.

Groupe de travail sur les droits des Autochtones

  • Le/la candidat·e doit être membre d’une nation autochtone reconnue.
  • Une expérience au sein d’un comité de travailleurs et de travailleuses autochtones constitue un atout.
  • Le/la candidat·e doit être membre ou ami·e du Comité des droits de la personne et de la diversité de l’Institut et être choisi·e par le Comité.

Groupe de travail sur la solidarité et la fierté

  • Le/la candidat·e doit être membre de la communauté 2SLGBTQ+.
  • Une expérience au sein d’un comité sur la fierté constitue un atout.
  • Le/la candidat·e doit être membre ou ami·e du Comité des droits de la personne et de la diversité de l’Institut et être choisi·e par le Comité.

 POSER SA CANDIDATURE

À venir bientôt

Nous mettons à jour le site Web et le portail des membres pour vous aider à trouver des informations plus rapidement et à vous connecter avec votre syndicat en toute confiance.

Améliorations apportées:

  • Des voies d'accès plus claires et une navigation plus aisée
  • Une expérience personnalisée pour les membres lorsqu'ils sont connectés
  • Des pages plus propres et plus faciles à lire

En tant que syndicalistes et professionnel·les de la fonction publique, nous sommes confrontés à plusieurs menaces graves. Des milliers de professionnel·les de la fonction publique ont déjà reçu des lettres de RE, y compris ceux et celles qui travaillent dans des services essentiels qui auront un impact direct sur les Canadien·nes. Ces réductions menacent la stabilité de nos communautés, la qualité de vie que nous nous efforçons de protéger et l’avenir même de la fonction publique.

Nous nous opposons à ces décisions à courte vue. La semaine dernière, nous avons organisé un événement pour mettre en lumière les coupes dangereuses qui touchent les inspecteur·rices d’aliments de l’ACIA, et les conséquences que ces coupes pourraient avoir sur toute la population canadienne. Mais nous devons maintenir la pression sur plusieurs fronts, et nous avons besoin de votre aide.

La vérité, c’est que ces actions sont justifiées par le fait que beaucoup trop de gens, y compris les député·es, ne comprennent pas bien le travail que nous faisons. C’est pourquoi il est temps de rendre notre travail visible.

Nous nous opposons à ces décisions à courte vue. En mars prochain, l’IPFPC lancera sa première semaine régionale de lobbyisme afin que les membres comme vous puissent entrer en contact avec votre député·e, faire part de vos expériences et contribuer à faire comprendre le travail vital que nous accomplissons.

Nous recherchons des membres partout au Canada qui sont prêts à rencontrer leurs député·es et à leur expliquer comment ces réductions mettent les Canadien·nes en danger et comment les mandats de RAB aggraveront la situation. Pouvez-vous nous aider?

Dates de lobbyisme
: Du 30 mars au 2 avril

S’inscrire ici

Vous n’avez pas besoin d’une expérience préalable en matière de lobbyisme ou de défense d’intérêts : nous vous soutenons en vous offrant toute la formation et l’assistance dont vous aurez besoin.

Une fois que vous vous serez inscrit·e, nous vous donnerons des détails et vous inviterons à participer à l’une de nos séances de formation obligatoires virtuelles sur le lobbyisme. Des questions? N’hésitez pas à nous contacter à tout moment à relations_gouv@ipfpc.ca.

Les travailleuses et travailleurs de la fonction publique sont l’épine dorsale de ce pays. Nous nous sommes toujours montrés à la hauteur des Canadien·nes; maintenant, nous devons nous montrer à la hauteur les un·es des autres.

Élevons nos voix, ensemble et en toute solidarité, car lorsque l’on supprime des expert·es, le risque augmente. Les réductions d’aujourd’hui engendreront les crises de demain.

La Directive sur les voyages du Conseil national mixte (CNM) a été mise à jour afin de mieux refléter les besoins des employé·es en matière de voyages.

Les mises à jour sont le résultat d’une révision périodique approfondie de la Directive sur les voyages du CNM, qui a débuté en 2021 et a nécessité plusieurs années de consultation, de partage d’informations et d’élaboration conjointe entre l’employeur et les agents négociateurs. 

Grâce à ce processus, les parties sont parvenues à des ententes sur un large éventail de mises à jour visant à moderniser et à clarifier la Directive. Lorsqu’aucune entente n’a pu être conclue, un nombre limité de questions en suspens ont été soumises à un arbitrage de différends et ont maintenant été résolues par une sentence arbitrale. 

Les changements décrits ici reflètent à la fois les éléments convenus par les parties et ceux qui ont été accordés par voie d’arbitrage, mettant à jour la Directive sur les voyages afin de mieux refléter les besoins des employé·es en matière de voyages.

Pour plus d’informations, veuillez consulter les changements sur le site Web du CNM. La sentence arbitrale complète est affichée ici (en anglais seulement).

Changements accordés par voie d’arbitrage

Zone d’affectation 

  • Pas de changement dans la définition de la zone d’affectation.
  • Ce seuil fera l’objet d’une révision plus approfondie entre les parties.

Indemnité pour la garde des personnes à charge (sur déclaration)

  • L’indemnité pour la garde des personnes à charge sur déclaration a augmenté :
    • De 35 $ à 50 $ par ménage.

Indemnité pour la garde des personnes à charge (appuyée par des reçus – soins professionnels)

  • Lorsque la garde de personnes à charge est assurée par une personne ou une entreprise exerçant des activités dans le domaine de la prestation de soins, et qu’elle est étayée par des reçus :
    • L’indemnité est passée de 75 $ par jour et par ménage à 100 $ par jour et par personne à charge.
  • Les déclarations ne sont pas acceptées pour cette indemnité.
  • Un modèle de formulaire de déclaration normalisé sera élaboré.

Indemnité de faux frais

  • L’indemnité de faux frais est passée de 17,30 $ à 25 $.

Révision future de l’indexation des indemnités

  • Plutôt que d’imposer un modèle d’indexation spécifique pour les faux frais et la garde des personnes à charge, le Conseil a laissé aux parties le soin de discuter du modèle d’indexation le plus approprié.

Date d’entrée en vigueur (éléments accordés par voie d’arbitrage)

  • Tous les changements accordés par voie d’arbitrage entrent en vigueur le 28 mars 2026.

Changements convenus lors de la révision périodique (avant l’arbitrage)

Changements apportés à la Directive

  • Rationalisation du terme « véhicules motorisés particuliers » (VMP) afin d’assurer l’uniformité.
  • Mise à jour du renvoi à « époux » pour inclure « conjoint de fait ».
  • Des erreurs de traduction ont été corrigées.
  • Les renvois ont été révisés et le libellé en double a été supprimé.

Généralités / Application

  • La référence à la Commission des relations de travail et de l’emploi dans le secteur public fédéral a été mise à jour dans la section sur la procédure de règlement des griefs.
  • Des éclaircissements ont été ajoutés pour indiquer qu’il existe une différence entre les dispositions concernant les voyageur·ses et celles concernant les employé·es.
  • Des éclaircissements ont été apportés à la définition de voyage en service commandé en vue d’indiquer que les déplacements pour se rendre au lieu de travail permanent ou régulier ne constituent pas un voyage en service commandé.
  • La définition du lieu de travail temporaire a été révisée afin d’ajouter des éclaircissements.
  • La référence aux hôpitaux d’Anciens Combattants Canada a été supprimée de la liste des locaux d’hébergement du gouvernement et d’une institution.

Administration (partie I)

  • Lorsque l’employé·e éprouve une aversion pour les voyages en avion, la direction doit s’efforcer de dresser un horaire de travail d’une manière qui permet d’utiliser d’autres moyens de transport.
  • La direction peut envisager la réinstallation comme une option plutôt que d’être en déplacement à long terme.
  • En cas d’urgence empêchant un retour en temps opportun, le déplacement sera prolongé et les frais raisonnables seront remboursés lorsqu’ils ne sont pas couverts par une autre autorité.
  • Des fournisseurs respectueux de l’environnement ont été ajoutés en tant que fournisseurs préférentiels.
  • Le titre de la section « Changement du lieu de travail (ne s’applique que dans la zone d’affectation) » a été modifié à « Changement du lieu de travail temporaire (ne s’applique que dans la zone d’affectation) », avec un champ d’application et des droits clarifiés.

Assurances (partie II)

  • Un libellé a été ajouté pour clarifier que les voyageur·ses doivent s’assurer qu’ils/elles ont une couverture d’assurance automobile suffisante, et dans quelles circonstances le coût de l’assurance sera remboursé par l’employeur.

Modules sur les voyages (partie III)

  • Le libellé a été mis à jour afin d’être cohérent dans l’ensemble des modules sur les voyages.
  • Le libellé a été mis à jour pour identifier le bon ministère à consulter au sujet des documents de voyage et des services médicaux.
  • Des éclaircissements ont été ajoutés pour expliquer le type d’eau qui est remboursable et dans quelles circonstances.
  • Repas :
    • Un libellé a été ajouté en vue d’autoriser le remboursement, en fonction de reçus et dans des circonstances exceptionnelles, au-delà des montants prévus aux annexes C ou D.
    • Des éclaircissements ont été apportés concernant les heures et la séquence des repas, et les dispositions relatives aux travailleur·ses de quarts.
  • Transports :
    • Les voitures de location peuvent maintenant être acquises la veille du voyage.
    • Un libellé a été ajouté pour préciser que lorsqu’un voyage par avion en classe affaires n’est pas disponible, tout tarif de classe inférieure disponible sera autorisé.
  • Indemnité de faux frais :
    • Un libellé a été ajouté pour indiquer que les employé·es doivent passer la nuit dans un logement pour recevoir ce droit.

Circonstances spéciales de voyage (partie IV)

  • Le titre de la section a été modifié à « Dispositions relatives aux déplacements de certains fonctionnaires ».
  • La section « Besoins particuliers en matière de transport » a été déplacée au paragraphe 1.5.1.

Urgences et maladies (partie V)

  • Les employé·es peuvent revenir plus tôt ou plus tard en raison d’une maladie personnelle, d’un accident ou de situations urgentes à la maison (par exemple, maladie grave, incendie, inondation, tempête de verglas).

Le texte d’opinion suivant du président de l’Institut, Sean O’Reilly, a été publié le 18 décembre dans le Ottawa Citizen

Six semaines après le dépôt du budget 2025, ses implications deviennent plus claires et plus inquiétantes. 

À l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada, nous avons entendu nos membres réaffirmer que la lutte contre la sous-traitance demeure pour eux une priorité absolue.

Lors des élections du printemps dernier, les Libéraux avaient promis de réduire la dépendance du gouvernement envers les consultant·es du secteur privé, mais il est évident que le budget de novembre engage le Canada dans la direction inverse. Ce qui était présenté comme un plan de discipline, de modernisation et d’efficacité est dans la réalité une accélération de la tendance amorcée il y a dix ans, qui privilégie le recours aux consultant·es externes au détriment de l’expertise interne.

Plutôt que de renforcer la fonction publique, le gouvernement fédéral a choisi une fois de plus de recourir à la sous-traitance, c’est-à-dire d’engager des consultant·es privés pour faire le travail que la fonction publique peut et doit faire. Il s’agit d’une mauvaise habitude qui draine discrètement des milliards de dollars des coffres fédéraux depuis des années, tout en affaiblissant les systèmes mêmes dont dépendent les Canadiennes et les Canadiens. 

Le budget 2025 affirme même qu’il « réduira » le recours aux consultant·es privés, mais les chiffres avancés par le gouvernement lui-même montrent une réalité différente. La sous-traitance a doublé par rapport aux niveaux d’avant la pandémie, alors que les dépenses en services de consultants devraient atteindre 26,1 milliards de dollars cette année, soit une augmentation de 37 % par rapport à l’année dernière et un niveau record.

Même si le gouvernement parvient à réduire la sous-traitance de 20 % comme il l’a promis, le niveau de sous-traitance serait encore environ le double de ce qu’il était il y a dix ans. Les consultant·es privés coûtent aux contribuables jusqu’à 26 % de plus que les fonctionnaires. 

On est loin du compte. Au mieux, cela représente un coût élevé pour le double emploi, le retard et la dépendance. Au pire, cela affaiblit les systèmes sur lesquels la population canadienne compte tels que la salubrité des aliments, les interventions d’urgence, la sécurité numérique et la protection de l’environnement.

Le budget aggrave la situation en supprimant 30 000 emplois dans la fonction publique; en plus des quelques 10 000 postes amputés l’an dernier. Remplacer du personnel permanent qualifié par des sous-traitant·es n’est pas synonyme d’efficacité, mais plutôt d’érosion. La réduction du nombre de fonctionnaires et l’augmentation de la sous-traitance affaibliront les ministères, qui deviendront moins résilients et qui dépendront de plus en plus du secteur privé pour exercer les fonctions cruciales propres au gouvernement.

Nous avons déjà vu cela se produire auparavant. Vendu comme une réforme visant à réduire les coûts, le système de paye Phénix est devenu l’un des plus grands échecs administratifs de l’histoire fédérale, avec des milliards gaspillés. ArriveCAN a commencé comme un modeste contrat numérique et s’est transformé en un fiasco de 60 millions de dollars. Les deux systèmes ont été développés par des entreprises privées externes. Et les deux systèmes continuent de coûter cher aux Canadien·nes.

À titre de comparaison, lors de la pandémie de la COVID-19, ce sont des fonctionnaires, et non des consultant·es, qui ont conçu et mis en place le système de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) en six semaines seulement. Pas de contrats de millions de dollars, pas d’image de marque scintillante, pas de chaos. Voilà à quoi ressemble la véritable efficacité.

Si le gouvernement veut équilibrer ses comptes, il devrait réduire le gaspillage en sous-traitance avant de supprimer des postes de scientifiques, d’analystes et d’inspecteur·rices. Il faut renforcer les capacités avant d’acheter une autre solution miracle. Les Canadien·nes veulent un gouvernement qui travaille pour eux/elles, et non un gouvernement qui semble « efficace » sur le papier, mais qui, dans la réalité, coûte plus cher pour offrir moins.

Si nous voulons obtenir de vrais résultats, nous devons examiner qui fait réellement le travail. Ce ne sont pas les consultant·es dans les salles de réunions des entreprises, mais les fonctionnaires dans les laboratoires, les bureaux et les salles de contrôle qui font fonctionner le pays.

Le budget 2025 était l’occasion de reconstruire la capacité publique et de tracer une voie plus intelligente et autonome. Au lieu de cela, il répète les erreurs des gouvernements précédents. La sous-traitance ne rend pas le gouvernement plus efficace, elle l’affaiblit. On ne peut pas atteindre la compétence par des réductions budgétaires ni sous-traiter l’efficacité.

Certains paramètres de sécurité des courriels des employeurs empêchent les courriels syndicaux d’atteindre les membres. 

Si vous utilisez l’adresse électronique de votre employeur pour recevoir les communications de l’Institut, nous vous recommandons de la remplacer par une adresse électronique personnelle.

Mettre à jour mon adresse courriel

Il est important d’utiliser une adresse électronique personnelle pour recevoir les communications de votre syndicat pour les raisons suivantes :

Confidentialité : L’employeur peut accéder à vos courriels par l’intermédiaire de l’adresse électronique qu’il vous a configurée. L’utilisation d’une adresse électronique personnelle permet de préserver la confidentialité de vos informations. 

Communication : Si vous n’avez plus accès à l’adresse électronique de votre employeur, nous pouvons toujours vous joindre à votre adresse électronique personnelle.

Informations sensibles au facteur temps : Aujourd’hui plus que jamais, les membres doivent être informés sur des questions importantes telles que le réaménagement des effectifs, le retour au bureau et la négociation d’une nouvelle convention collective. L’utilisation d’une adresse électronique personnelle pour les communications de l’Institut vous permet de continuer à recevoir ces nouvelles.

Le texte d’opinion suivant du président de l’Institut, Sean O’Reilly, a été publié le 13 novembre dernier dans le National Newswatch.

Le budget 2025 du gouvernement fédéral, qui a été déposé la semaine dernière, promet discipline, modernisation et efficacité. Ces mots peuvent sembler rassurants. Mais la vraie question demeure : efficace pour qui? Et à quel prix pour le Canada?

Le budget 2025 n’est pas un exemple de prudence financière. Il s’agit d’une expérimentation à haut risque qui touchera tous les ministères, tous les programmes et tous les services dont dépendent les Canadiennes et les Canadiens.

L’un des principaux points à retenir de l’exercice financier est le projet de supprimer environ 40 000 emplois dans la fonction publique au cours des prochaines années. Lorsque les gouvernements procèdent à des changements aussi radicaux, les Canadien·nes en payent toujours le prix. Les inspections alimentaires sont plus espacées. Les situations d’urgence sont plus longues à maîtriser. Les systèmes numériques s’affaiblissent au fur et à mesure que les cyberattaques se multiplient.

Il ne s’agit pas de risques abstraits. Ce sont les fonctions quotidiennes qui assurent la cohésion de notre pays.

Les Canadien·nes veulent que leur gouvernement dépense judicieusement. Les professionnel·les de la fonction publique veulent la même chose. Cependant, il existe une grande différence entre améliorer le fonctionnement du gouvernement et réduire sa capacité à remplir ses missions. L’efficacité ne peut se faire au détriment de la sécurité, de la stabilité et de la confiance.

Nous avons vu ce qui se passe lorsque des économies à court terme sont privilégiées par rapport à des investissements judicieux. Dans les années 1990, la réduction des effectifs a entraîné la fermeture de laboratoires et la suppression de services régionaux, ce qui a entraîné une perte d’expertise pour toute une génération. La « rationalisation » des années 2010 nous a donné le système de paye Phénix, un projet informatique toujours défectueux dont la réparation coûte encore des milliards de dollars. Chaque soi-disant ère d’efficacité se termine de la même manière : des programmes charcutés, le personnel démoralisé et des factures plus élevées par la suite.

La fonction publique d’aujourd’hui est confrontée à ce même risque, cette fois, sous la bannière du renforcement du pays. Le gouvernement dit qu’il veut de l’innovation, un service plus rapide et une meilleure technologie. C’est ce que nous voulons aussi. Mais on ne peut pas innover en éliminant les personnes qui effectuent le travail. On ne renforce pas un pays en supprimant le financement des systèmes qui le font fonctionner.

Derrière les chiffres de l’emploi se cachent des personnes que la population canadienne voit rarement, mais sur lesquelles elle compte chaque jour : les scientifiques qui analysent ses aliments et son eau, les météorologues qui surveillent les feux de forêt, les ingénieur·es qui inspectent les ponts et les spécialistes en cybersécurité qui protègent ses réseaux contre les attaques. Réduire leur capacité ne fait pas que réduire la taille du gouvernement, cela affaiblit également la résilience du Canada.

Les professionnel·les de la fonction publique ont déjà fait preuve d’une réelle efficacité. Lorsque la pandémie a frappé, ce sont les fonctionnaires qui ont mis en place le système de Prestation canadienne d’urgence (PCU) en six semaines. Il n’y a pas eu de contrats privés astronomiques ni de chaos; juste de la compétence. Lorsque l’expertise est reconnue et dotée des ressources adéquates, c’est ainsi que se manifestent l’efficacité et l’innovation authentiques. La fonction publique peut et doit faire partie de la solution, mais uniquement si elle dispose encore des effectifs et des outils nécessaires pour remplir ses missions.

Une véritable efficacité signifie des investissements plus judicieux, pas des réductions plus importantes. Cela signifie donner aux professionnel·les les moyens de se moderniser de l’intérieur, et non pas vider le pays de son expertise et le rendre, par le fait même, vulnérable. Cela signifie investir dans les employé·es qui fournissent des services publics cruciaux, plutôt que de recourir à la sous-traitance qui coûte à l’heure actuelle environ 26 milliards de dollars.

Les Canadiennes et Canadiens souhaitent avoir l’assurance que, lorsqu’une crise survient (une inondation, un feu de forêt, une cyberattaque), quelqu’un prend les choses en main. Ils et elles veulent un gouvernement qui protège ce qui assure leur sécurité et leur stabilité, et non un gouvernement qui met en péril les services dont ils et elles dépendent.

Le budget 2025 met cette sécurité en péril. Il traite la fonction publique comme une dépense à gérer plutôt que comme l’infrastructure qui assure le fonctionnement de notre économie, de notre environnement et de nos communautés. Des réductions aussi importantes ne permettent pas d’alléger le gouvernement. Elles l’affaiblissent.

Derrière chaque soi-disant efficacité se cache un service que les Canadien·nes vont perdre. Derrière chaque économie se cachent la sécurité, les moyens de subsistance et l’accès aux éléments indispensables au bien être d’une personne. La compétence ne peut pas être obtenue grâce à des réductions.

Si nous voulons un gouvernement qui réponde aux attentes des Canadiennes et des Canadiens, nous devons protéger les personnes et les systèmes qui rendent cela possible. Car lorsque ceux-ci auront disparu, les dommages ne se mesureront pas seulement en nombre d’emplois perdus, mais aussi en perte de sécurité et de stabilité pour le pays lui-même.

Sean O’Reilly, président de l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC)

Le budget 2025 a été présenté cette semaine, et il confirme une grande partie de ce que nous avions mis en garde dans notre analyse « Cinq signaux d’alarme ». 

Autrement dit : derrière les termes « discipline » et « modernisation » se cache la plus importante réduction des effectifs de la fonction publique canadienne depuis les années 1990, avec la suppression de 40 000 postes d’ici 2028.

Bien que l’on ne sache pas encore exactement ce qui sera supprimé, il est clair que ces réductions entraîneront la perte de biens collectifs essentiels, en particulier dans les domaines de la surveillance de l’environnement, de la collecte de données et de la recherche appliquée.

Ce n’est pas ce que nous voulions ni ce que les Canadien·nes voulaient. 

Là où nous souhaitions de l’efficacité, nous assistons à une érosion des services. Là où nous souhaitions des investissements stratégiques, nous assistons à une réduction drastique des capacités. 

La fonction publique est sacrifiée au profit d’une solution rapide, et cela coûtera cher aux Canadien·nes.

Les Canadien·nes veulent que leur gouvernement dépense judicieusement, et les professionnel·les de la fonction publique sont d’accord. Mais si l’on élimine les fonctionnaires chargés d’inspecter les aliments, de distribuer les prestations sociales, de protéger les données et de surveiller les feux de forêt, on ne réduit pas le gaspillage. On augmente les risques.

Voici comment les promesses du budget se concrétisent et ce qu’elles signifient pour les membres de la Commission de la fonction publique et les Canadien·nes.

Le discours sur « l’efficacité » cache le coût réel des réductions budgétaires

Ce qui est présenté comme une « modernisation » est en réalité synonyme de réductions, de capacités réduites et de perte de services. Des expressions telles que « réduction des chevauchements », « rationalisation » et « consolidation des programmes » semblent prudentes, mais elles sont des euphémismes pour des réductions de programmes qui risquent de créer des lacunes dont personne n’est responsable.

Les réductions telles que celles proposées dans le budget 2025 perturbent les flux de travail, brisent les chaînes de mentorat et dispersent la mémoire institutionnelle, ce qui ralentit les services et accroît l’inefficacité.

En l’absence d’un plan de transfert d’expertise ou de formation des remplaçant·es, les connaissances institutionnelles disparaissent tout simplement. L’attrition est souvent présentée comme indolore, mais avec la suppression d’un emploi sur dix, nous savons que beaucoup d’entre nous vont en ressentir les effets.

Le discours sur l’efficacité masque la disparition des capacités : moins d’inspections en matière de sécurité alimentaire, des interventions d’urgence plus lentes, une surveillance des maladies moins efficace. Les Canadien·nes en paieront le prix.

Bien que le budget n’ait pas indiqué où chaque emploi, service ou programme sera supprimé, il a toutefois indiqué où nous pouvons nous attendre à certaines suppressions : Agriculture et Agroalimentaire Canada fermera ses laboratoires vivants du programme Solutions agricoles pour le climat. L’Agence spatiale canadienne doit faire face à des réductions inexpliquées de 41 millions de dollars. Services publics et Approvisionnement Canada verra son financement réduit pour les projets pilotes de Laboratoires Canada. Et alors que l’Agence des services frontaliers du Canada prévoit d’embaucher 1 000 nouveaux agent·es, elle réduira simultanément les budgets de formation, ce qui nuira à l’efficacité de ces mêmes embauches.

Il ne s’agit pas de mesures d’efficacité. Ces mesures démantèlent l’infrastructure de la fonction publique pièce par pièce et créent des conditions propices au chaos, et non à une fonction publique fédérale rapide et efficace.

L’intelligence artificielle, une « solution miracle » aux conséquences à long terme

L’intelligence artificielle joue un rôle important, mais inégal dans le budget 2025. Alors que le gouvernement vante les réductions des « services de gestion et de conseil », la plupart des travaux liés à l’IA et au numérique relèvent encore de contrats de services professionnels qui dépendent fortement de fournisseurs privés de TI.

Bien que nous saluions les solutions technologiques « fabriquées au Canada » prévues dans ce budget, cela ne signifie pas nécessairement qu’elles sont « fabriquées par des fonctionnaires canadiens ». Nous devons garantir la propriété publique de toute nouvelle infrastructure d’IA afin de protéger les données canadiennes et d’assurer le contrôle public et la responsabilité.

Le budget ne précise pas non plus comment ces nouvelles initiatives affecteront les emplois du secteur public ou la capacité interne. Les syndicats doivent être impliqués dans la gouvernance de l’IA afin de garantir la protection, la transparence et la responsabilité. Les syndicats doivent être consultés à chaque étape du processus. C’est pourquoi nous continuons à demander un siège au sein du Conseil consultatif en matière d’intelligence artificielle du gouvernement, qui ne comprend actuellement que des représentant·es des milieux scientifiques et économiques. 

Enfin, investir dans l’IA tout en supprimant des dizaines de milliers d’emplois dans le secteur public est plus qu’une contradiction, c’est un échec pour le pays. Nous ne pouvons pas construire une technologie souveraine si nous démantelons la main-d’œuvre chargée de la faire fonctionner. Les algorithmes et les robots d’IA ne peuvent pas remplacer le jugement professionnel des expert·es humains. 

Nous savons que l’automatisation précipitée entraîne des erreurs, des retards et des échecs coûteux. Nous subissons encore les conséquences des problèmes d’automatisation des vérifications de l’ARC et de la débâcle du système de paye Phénix.

À moins que les initiatives en matière d’IA ne s’accompagnent d’investissements dans la formation interne et le recrutement, elles auront pour effet d’accroître la sous-traitance plutôt que de la réduire.

L’IA devrait être un outil pour renforcer la fonction publique, et non un raccourci qui l’affaiblit.

Une augmentation de la sous-traitance coûteuse

Le budget 2025 affirme qu’il « réduira » le recours aux consultant·es privés, mais les chiffres avancés par le gouvernement lui-même montrent une réalité différente. La sous-traitance a doublé par rapport aux niveaux d’avant la pandémie et, selon les estimations du gouvernement, les dépenses en services professionnels devraient atteindre 26,1 milliards de dollars cette année, soit une augmentation de 37 % par rapport à l’année dernière et un niveau record.

Nous avons déjà entendu cette promesse : les gouvernements précédents s’étaient engagés à réduire les coûts de la sous-traitance sans jamais y parvenir. Même si la réduction de 20 % promise par le gouvernement actuel allait à l’encontre de la tendance et se concrétisait, les dépenses de sous-traitance resteraient environ deux fois plus élevées qu’il y a dix ans. 

Ce n’est pas de la discipline budgétaire. C’est une dépendance vis-à-vis d’entreprises privées qui facturent jusqu’à 26 % de plus que les fonctionnaires équivalents. Chaque dollar des contribuables dépensé pour des consultant·es privés est un dollar qui n’est pas dépensé pour développer l’expertise publique interne.

Il en résulte une fonction publique vidée de sa substance, contrainte de louer les compétences qu’elle possédait autrefois en interne. Ce n’est pas efficace. C’est du gaspillage.

Il n’est pas nécessaire qu’il en soit ainsi. Lorsque le gouvernement a dû agir rapidement pendant la pandémie, les fonctionnaires ont mis en place la PCU en six semaines seulement. Cela a été incontestablement plus rapide et moins coûteux que ce qu’aurait pu faire une entreprise privée. Voilà à quoi ressemble la véritable efficacité. Lorsque les professionnel·les de la fonction publique se voient confier la direction, nous obtenons des résultats. 

Si ce gouvernement souhaite réellement réaliser des économies, il devrait commencer par s’attaquer à la facture de 26 milliards de dollars pour la sous-traitance, et non aux analystes des incendies de forêt, aux scientifiques de la santé publique ou aux ingénieur·es qui assurent la sécurité des Canadien·nes.

La négligence de la science et des preuves

Le manque de financement de la science publique compromet à la fois la sécurité et la souveraineté. Le budget 2025 est étrangement silencieux sur le financement direct des laboratoires fédéraux de science et de recherche. Aucun poste budgétaire ne fait état d’investissements dans les installations de recherche des ministères, les programmes techniques ou le personnel scientifique, alors que nous affirmons clairement depuis des années que ce financement est absolument nécessaire. Il n’est pas non plus fait mention de l’intégrité scientifique ou des politiques fondées sur des données probantes, ce qui constitue un recul inquiétant par rapport aux engagements antérieurs.

Au lieu de cela, le budget 2025 menace de réduire encore davantage les capacités fédérales du Canada en matière de science et de recherche. Bien que les détails de ces réductions n’aient pas encore été communiqués, le budget 2025 mentionne certains programmes ministériels qui seront touchés : Environnement et Changement climatique Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Ressources naturelles Canada et Innovation, Sciences et Développement économique Canada, entre autres. Pendant ce temps, la recherche et le développement du secteur privé continue de bénéficier d’un soutien, tandis que la science publique laissée à l’abandon.

La science publique prend des décennies à construire et quelques secondes à détruire, et les conséquences se feront sentir bien au-delà des laboratoires. Ces conséquences se traduiront par une réponse plus lente aux incendies de forêt, une diminution des inspections alimentaires et un affaiblissement de la surveillance des maladies. 

Le dernier rapport de l’IPFPC, Une feuille de route scientifique pour l’avenir du Canada, dresse un tableau sombre : seulement 6,5 % des scientifiques estiment que leur ministère dispose d’un financement suffisant pour la recherche; la confiance dans l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes a chuté à 44 %; et 36 % des laboratoires fédéraux sont dans un état médiocre ou critique. Les rapports d’ingérence politique dans la recherche sont de plus en plus nombreux.

La science publique est déjà en manque de ressources et a besoin d’investissements pour rester résiliente. De nouvelles réductions pourraient porter un coup dévastateur, non seulement aux scientifiques, mais aussi à l’ensemble des Canadien·nes qui comptent sur leur travail.

La vue d’ensemble oubliée

On ne peut pas construire un Canada fort en affaiblissant ce qui assure sa cohésion. Ce qui est supprimé dans ce budget, ce n’est pas la bureaucratie, mais le tissu conjonctif qui assure la coordination et la responsabilité des programmes. Les membres de l’IPFPC sont la force tranquille derrière la puissance du Canada : des scientifiques, des ingénieur·es, des vérificateur·rices, des informaticien·nes et des expert·es en politique qui font fonctionner le gouvernement.

Les promesses de « faire les choses plus rapidement, plus simplement, et mieux » ne peuvent être tenues avec des capacités réduites, une formation limitée et un perfectionnement professionnel réduit. Si nous voulons vraiment un gouvernement qui fonctionne plus rapidement, plus simplement et mieux, nous devons commencer par garder et soutenir les personnes qui savent comment il fonctionne.

Les fonctionnaires savent déjà où se situent les inefficacités : mauvaise planification, systèmes désuets, et sous-traitance coûteuse. Ils/elles sont prêts à y remédier. Mais au lieu d’être habiletés à se moderniser, ils/elles sont mis à l’écart par des objectifs d’économies à court terme.

En l’absence de plan, les réductions entraîneront une succession de solutions rapides et de perte de connaissances. Une fois cette expertise disparue, il faudra des années pour la reconstruire. Les Canadien·nes en ressentiront les effets sous forme de services plus lents, d’une surveillance moins rigoureuse et d’une préparation moindre en cas de crise.

La voie à suivre 

Les Canadien·nes veulent que leur gouvernement dépense judicieusement, et les professionnel·les de la fonction publique partagent cet objectif. Mais l’efficacité sans capacité est synonyme de fragilité.

La voie la plus intelligente à suivre est claire :

  • Renforcer la fonction publique sans réductions importantes.
  • Réduire la sous-traitance inutile et reconstruire l’expertise à l’interne.
  • Adopter l’IA de manière responsable et transparente.
  • Réinvestir dans la prise de décision fondée sur des données probantes et dans l’intégrité scientifique.
  • Se concentrer sur la résolution des problèmes à long terme, et non sur les perspectives à court terme.

Nous demandons aux député·es d’examiner attentivement ce qui est supprimé et qui en paiera le prix. Les député·es ne doivent pas se contenter d’approuver ce budget sans discussion. Ils/elles doivent poser des questions difficiles sur la manière dont ces décisions affecteront leurs communautés et la capacité du Canada à répondre aux crises futures.

La soi-disant « efficacité » ne peut se faire au détriment de la sécurité, de la stabilité et des services publics qui assurent la cohésion de notre pays.