Nous souhaitons bonne chance à Alex Benay et le remercions pour ses années de service public. Au cours de son mandat, d’importants travaux ont été réalisés, notamment pour réduire une partie de l’arriéré des opérations de paiement Phénix non résolues et pour faire progresser la mise en place d’un système de paye de remplacement.
Son départ soulève toutefois des questions qui méritent des réponses claires et rapides.
Il y a deux jours, la vérificatrice générale du Canada Karen Hogan a confirmé que Phénix était toujours en crise. Maintenant, le haut responsable chargé de son remplacement a démissionné.
Cette séquence exige plus qu’une transition de routine, d’autant plus que le système de rémunération Phénix est sur le point de connaître un surcroît de travail avec les réaménagements d’effectifs, les transferts et les demandes de retraite anticipée.
Au début du mois, Alex Benay s’est dit convaincu que le système pourrait gérer un afflux de transactions salariales complexes liées au réaménagement des effectifs, tout en reconnaissant que les fonctionnaires avaient « raison de s’inquiéter » de savoir s’ils seraient payés correctement et à temps.
Ce n’est pas une contradiction. C’est le reflet de la situation dans laquelle se trouve ce dossier depuis près de dix ans.
Le rapport de la vérificatrice générale expose la réalité. Plus de 233 000 opérations de paiement sont en souffrance, ce qui concerne plus de 133 000 d’employé·es fédéraux, dont un grand nombre depuis plus d’un an.
Dans le même temps, le gouvernement va de l’avant en mettant en place un système de remplacement qui devrait coûter plus de 4,2 milliards de dollars, sans d’abord résoudre les conditions qui ont conduit à la catastrophe de Phénix. Le rapport met en garde contre le fait que des erreurs non résolues pourraient être introduites dans le nouveau système et le compromettre dès le départ.
Les travailleurs et travailleuses de la fonction publique fédérale ont attendu assez longtemps. Ces femmes et ces hommes méritent un plan crédible, fondé sur l’expertise et la responsabilité, qui règle les problèmes sous-jacents avant d’aller de l’avant.
Cela signifie qu’il faut éliminer l’arriéré avant toute transition, achever la simplification des règles de rémunération en partenariat avec les syndicats, faire preuve de transparence quant au coût total du nouveau système et à la manière dont le succès sera mesuré, et veiller à ce que la fonction publique dispose de l’expertise et des capacités internes nécessaires pour mener à bien cette tâche.
Nous espérons que ce moment suscitera la sérieuse remise en question qui s’impose.
Date de publication : 27 mars 2026

