Le 12 mars, le président de l’IPFPC, Sean O’Reilly, a participé à une séance du Comité permanent des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires (OGGO) dans le cadre de l’étude menée par ce dernier sur l’examen exhaustif des dépenses (EED) du gouvernement fédéral.
Cette séance a permis à l’IPFPC de communiquer directement l’expertise et les préoccupations de ses membres au Parlement, notamment les risques qu’entraînent les réductions liées à l’EED pour les capacités scientifiques, la sécurité des transports et d’autres systèmes essentiels dont dépend la population canadienne au quotidien.
« Ces experts et ces expertes veillent à ce que les systèmes essentiels dont dépend au quotidien la population canadienne fonctionnent correctement », expliquait Sean O’Reilly aux député·es.
Salubrité alimentaire et sécurité ferroviaire
Au cours de la séance, Sean O’Reilly a mis en avant les réductions qui touchent les scientifiques, les vétérinaires et les inspecteurs et inspectrices de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA).
« Des millions de familles canadiennes sont convaincues que les aliments qu’elles achètent pour nourrir leurs enfants sont sans danger. Lorsque cette confiance est trahie, les conséquences peuvent être désastreuses, affirme Sean O’Reilly. Des maladies d’origine alimentaire peuvent se propager avant que la contamination ne soit détectée. Des marchés d’exportation peuvent être fermés du jour au lendemain lorsque la confiance dans le système d’inspection d’un pays est ébranlée. »
Il a également fait part de ses inquiétudes concernant les réductions qui affectent le contrôle de la sécurité ferroviaire au sein de Transports Canada, où des ingénieur·es et des spécialistes techniques surveillent les infrastructures, les normes d’équipement et les pratiques d’exploitation sur l’un des plus grands réseaux ferroviaires au monde.
« La sécurité ferroviaire repose sur des professionnel·les qualifiés qui détectent les problèmes avant que des accidents ne se produisent », dit Sean O’Reilly au Comité.
La sous-traitance et ses répercussions sur les services sont remises en question
Les député·es ont également interrogé les témoins sur la question de savoir si une réduction de l’expertise interne combinée à une sous-traitance accrue pouvait nuire à la qualité et à la fiabilité des services publics.
Les dépenses fédérales consacrées aux services professionnels et spéciaux ont atteint des niveaux historiques, la sous-traitance ayant pratiquement doublé par rapport à son niveau antérieur à la pandémie.
Sean O’Reilly a averti les député·es qu’une réduction de l’expertise interne combinée à une dépendance accrue vis-à-vis des consultant·es risquait d’affaiblir les capacités à long terme de la fonction publique.
« Lorsque les capacités internes sont affaiblies, les gouvernements ont souvent recours à la sous-traitance pour combler ce manque, affirme-t-il. Les coupes qui suppriment cette expertise peuvent paraître efficaces sur papier. Cependant, lorsque l’expertise disparaît, les risques et les coûts finissent par arriver. »
Les député·es expriment leurs inquiétudes quant à l’expertise et à l’état de préparation
Au cours de la séance, des député·es ont demandé si la réduction des effectifs risquait d’affaiblir les capacités scientifiques et les services au public, au Canada.
Le député néo-démocrate Alexandre Boulerice a demandé si la réduction des postes scientifiques risquait de rendre le Canada moins bien préparé à faire face à de futures crises, telles que des pandémies. Pour sa part, la députée conservatrice Kelly Block craint que la réduction de l’expertise interne, conjuguée à une sous-traitance accrue, n’ait des répercussions sur les normes de service dans l’ensemble des programmes gouvernementaux.
En réponse aux questions des député·es, Sean O’Reilly a souligné à quel point il est difficile de reconstituer l’expertise perdue lorsque des professionnel·les expérimentés quittent la fonction publique.
« Lorsque des professionnel·les expérimentés quittent la fonction publique, cette expertise ne disparaît pas seulement d’un organigramme; elle disparaît du système. Il faut des années pour reconstituer ces capacités. »
Les preuves soumises au Comité
Dans le cadre de cette étude, l’IPFPC a présenté un mémoire détaillé soulignant les risques que représentent les réductions d’effectifs liées à l’EED pour les capacités scientifiques fédérales et d’autres systèmes essentiels.
Les documents présentés montrent comment les réductions affectent des domaines tels que la salubrité alimentaire, la préparation aux situations d’urgence, la sécurité des transports, la protection de l’environnement et le contrôle de la santé publique.
Le mémoire met en garde contre le fait que des réductions d’effectifs d’une telle ampleur risquent de priver la fonction publique fédérale de décennies de savoir-faire institutionnel, affaiblissant ainsi la capacité du Canada à détecter et à prévenir les problèmes avant qu’ils ne s’aggravent.
L’étude parlementaire se poursuit
Le Comité permanent des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires poursuivra son évaluation de l’examen exhaustif des dépenses au cours des prochaines semaines, à mesure que les ministères communiqueront davantage de détails sur les réductions prévues.
Sean O’Reilly a conclu son témoignage par une mise en garde contre les conséquences à long terme d’une réduction de l’expertise interne.
« En effet, lorsque l’expertise disparaît, les problèmes ne disparaissent pas pour autant, a-t-il expliqué au Comité. Ils ne font que se manifester plus tard, et ils sont alors beaucoup plus coûteux à régler. »

