FREDERICTON, N.-B., le 19 mars 2026 — L’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC) exprime de vives inquiétudes à la suite du budget présenté le 17 mars 2026 par le gouvernement du Nouveau-Brunswick, qui prévoit d’importantes coupes dans les services publics, y compris des privatisations. Alors que le gouvernement laisse entendre que ces réductions se feront par le biais de l’attrition, l’IPFPC souligne que les réductions par attrition n’en restent pas moins des réductions et qu’elles auront des répercussions concrètes sur les services dont dépend la population du Nouveau-Brunswick.
« Supprimer 12 % des emplois de la fonction publique dans une province où l’administration publique est un employeur majeur relève d’un manque de vision et est préjudiciable, affirme Katie Francis, vice-présidente de l’IPFPC. Il ne s’agit pas simplement de lignes budgétaires; ce sont de vraies personnes et des services concrets qui sont menacés. Les coupes fédérales ont déjà réduit les services au strict minimum, et ces réductions vont priver les collectivités d’emplois et de ressources, tout en exerçant une pression bien plus forte sur les services essentiels. »
L’une des mesures les plus préoccupantes est la privatisation totale des soins vétérinaires dispensés par la province. Cela comprend l’ensemble des services de laboratoire et de terrain, les soins médicaux, la lutte contre les maladies animales exotiques, les inspections, les analyses et la certification, ce qui signifie que la quasi-totalité des vétérinaires employés par la province devraient perdre leur emploi.
« La privatisation des services vétérinaires ne permettra pas de réaliser des économies, ajoute Katie Francis. Soit les agriculteurs et agricultrices devront supporter des frais plus élevés lorsqu’ils et elles se rendront dans des cliniques privées, soit l’État finira par payer plus en raison de contrats. Dans tous les cas, ce sont les Néo-Brunswickois·es qui seront perdants. »
Les vétérinaires provinciaux jouent un rôle essentiel dans la protection de la santé animale et humaine. Ils et elles sont indispensables pour détecter les maladies, prévenir les éclosions et intervenir en cas de maladies telles que la rage et la tuberculose. Ils et elles veillent à ce que les élevages soient soignés correctement, en toute sécurité et rapidement, et mettent en place les plans d’intervention en cas d'éclosion pouvant conduire à des pandémies.
« La privatisation de ces services au profit de prestataires axés sur le profit accroît les risques au sein du système, affirme Katie Francis. Dans une province aussi rurale et étendue que le Nouveau-Brunswick, compter sur les soins privés revient à ignorer la réalité. De nombreux prestataires ne proposent pas de soins 24 heures sur 24, ne peuvent pas prendre en charge les animaux de grande taille et ne sont pas équipés pour mettre en place un contrôle coordonné des maladies. Si l’on ajoute à cela les longues distances, cela se traduira par des retards, des lacunes dans la détection et un risque accru d'éclosion à des moments critiques. »
Alors que le gouvernement met en avant son objectif déclaré de réduire le recours aux contrats externes, l’IPFPC souligne que 1,5 milliard de dollars a été consacré à des contrats sous-traités l’année dernière, un chiffre qui devrait augmenter dans le cadre de ce plan.
« Au lieu de renforcer la fonction publique, ce budget mise encore davantage sur la sous-traitance et la privatisation, ajoute Katie Francis. La population du Nouveau-Brunswick mérite des services publics transparents, responsables et rentables, et non des contrats privés plus coûteux et moins imputables. »
L’IPFPC exhorte le gouvernement provincial à faire marche arrière et à consulter les professionnel·les ainsi que leurs syndicats avant de mettre en œuvre ces changements.
L’IPFPC représente plus de 85 000 professionnel·les du secteur public à travers le pays, notamment les vétérinaires employés par le gouvernement du Nouveau-Brunswick. Suivez-nous sur Facebook, sur X (anciennement connu sous le nom de « Twitter ») et sur Instagram.
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Source : Johanne Fillion, 613-883-4900 (cellulaire), jfillion@pipsc.ca

