Communiqué de presse : Le gouvernement supprime des programmes qu’il s’était récemment engagé à renforcer

L’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC) tire la sonnette d’alarme face à une nouvelle vague de coupes au ministère des Pêches et des Océans (MPO), avertissant que le gouvernement fédéral réduit les effectifs d’expert·es chargés de mener à bien les efforts de rétablissement des espèces et de conservation marine qu’il s’était récemment engagé à renforcer.
Publié | Dernière mise à jour il y a 3 heures

OTTAWA (Ontario), le 24 juin 2026  – L’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC) tire la sonnette d’alarme face à une nouvelle vague de coupes au ministère des Pêches et des Océans (MPO), avertissant que le gouvernement fédéral réduit les effectifs d’expert·es chargés de mener à bien les efforts de rétablissement des espèces et de conservation marine qu’il s’était récemment engagé à renforcer.

Ces réductions s’inscrivent dans le cadre d’une nouvelle série de coupes de 100 millions de dollars prévues au MPO, qui visent les expert·es à l’origine des efforts de conservation marine du Canada, des programmes de restauration des habitats, des systèmes de gestion des pêches et de la surveillance publique sur laquelle compte la population canadienne pour protéger ses océans.

Ces coupes interviennent après que plus de 180 expert·es, dont 40 scientifiques spécialisés dans la restauration des habitats, aient été touchés par des réductions en janvier 2026, et quelques semaines seulement après que le gouvernement fédéral ait annoncé de nouveaux investissements majeurs visant à renforcer le rétablissement des espèces, la conservation du milieu marin et la protection de la nature. Selon l’IPFPC, la réduction des effectifs d’expert·es chargés de mettre en œuvre ces engagements soulève de sérieuses questions quant à la manière dont ces objectifs seront atteints.

« Nous sommes choqués de voir ces programmes à nouveau pris pour cible, déclare Sean O’Reilly, président de l’IPFPC. Il y a quelques semaines à peine, on a fait savoir aux Canadien·nes qu’il fallait intensifier ces efforts. Or, le gouvernement procède actuellement à une nouvelle coupe de 100 millions de dollars dans ces mêmes programmes chargés de les mettre en œuvre. Le gouvernement affirme que les océans constituent une priorité, mais ces coupes témoignent d’une réalité bien différente. »

C’est à Terre-Neuve-et-Labrador que l’impact régional est le plus important : les membres de l’IPFPC y contribuent à la gestion et à la protection des espaces marins afin de favoriser la durabilité à long terme des océans canadiens, en conciliant les besoins des secteurs de la pêche, du transport des marchandises, du pétrole et du gaz, de la conservation, du tourisme et des autres secteurs qui utilisent les océans. L’IPFPC souligne que ces coupes interviennent quelques semaines seulement après que le MPO ait annoncé des changements majeurs concernant la pêche récréative d’autoconsommation dans la province, notamment l’allongement de la période de pêche dans certaines zones et l’instauration de limites de conservation dans d’autres, ce qui met en évidence l’importance des gestionnaires de ressources chargés de fixer et de contrôler les limites de capture, les conditions d’octroi des permis et les autres mesures permettant une gestion durable des océans; c’est précisément cette expertise qui est aujourd’hui supprimée.

« Les décisions concernant l’utilisation et la protection des océans du Canada ont une incidence sur l’ensemble des collectivités côtières, affirme Sean O’Reilly. Ces décisions doivent s’appuyer sur des données scientifiques, des mesures de mise en œuvre et une connaissance du terrain. La réduction de l’expertise du MPO fait peser un risque accru sur la durabilité à long terme de nos océans ainsi que sur les collectivités et les secteurs d’activité qui en dépendent. »

L’IPFPC s’inquiète également de l’importance croissante que le gouvernement fédéral accorde aux modèles d’investissement et de financement issus du secteur privé en matière de conservation, tandis qu’il réduit l’expertise du secteur public. Le syndicat observe que les récents projets du gouvernement mettent l’accent sur l’attraction de capitaux privés vers des initiatives de protection de la nature, alors même que les scientifiques, les spécialistes de la conservation et les gestionnaires de ressources du MPO sont confrontés à de nouvelles réductions.

« Alors même que le gouvernement réduit les effectifs d’expert·es du secteur public, il parle d’accroître la participation du secteur privé à la protection de la nature, souligne Sean O’Reilly. La nature n’est pas un actif commercial. Les océans, les pêches et les écosystèmes du Canada appartiennent à l’ensemble des Canadien·nes, et leur protection nécessite des institutions publiques solides et des expert·es indépendants dont la seule mission est de servir l’intérêt public. »

L’IPFPC exhorte le gouvernement fédéral à mettre un terme aux nouvelles réductions des effectifs professionnels du MPO avant que la situation ne s’aggrave encore davantage. Le syndicat continuera d’aider les membres touchés tout au long de la procédure de réaménagement des effectifs et de se battre pour le maintien de leur emploi autant que possible.

« La population canadienne ne ressentira peut-être pas immédiatement les conséquences de ces coupes, précise Sean O’Reilly. Mais ces conséquences se feront sentir avec le temps sous la forme d’une protection moindre des habitats, d’un ralentissement du rétablissement des espèces, d’une pression accrue sur les pêches et les collectivités côtières, ainsi que d’une érosion de la surveillance publique indépendante et de l’expertise qui protège les océans du Canada pour les générations futures. »

L’IPFPC représente plus de 80 000 professionnel·les du secteur public à travers le pays, dont la plupart sont employés par le gouvernement fédéral. Suivez-nous sur Facebook, Bluesky et Instagram.

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Source: media@pipsc.ca

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