Québec, le 14 septembre 2026 — Alors qu’ils sont sur le point d’entamer une nouvelle ronde de négociations, les chercheurs-chercheuses et scientifiques à l’emploi du gouvernement fédéral manifestent aujourd’hui devant le Centre de recherche et de développement de Québec d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, situé sur le boulevard Hochelaga à Québec, pour soutenir la science au fédéral et les opérations de recherche qui font les frais du vaste programme de compressions.
Le Centre de recherche et de développement de Québec se voit le théâtre de la manifestation alors que le fédéral a annoncé la fermeture de ce lieu de recherche important et de transfert de connaissances avec l’Université Laval. Ce centre de recherche est l’un des huit centres canadiens à disparaître sans aucune raison scientifique valable, et le réseau de fermes expérimentales connexes voient ses opérations amputées.
« Les chercheurs et scientifiques à l’emploi du gouvernement fédéral ressentent l’urgence de délaisser béchers, éprouvettes et protocoles de recherche pour dénoncer les compressions massives qui sont particulièrement dommageables à l’endroit de plusieurs secteurs névralgiques à vocations scientifiques au fédéral », déclare Jean Bérubé, chercheur au fédéral mais également vice-président du groupe des chercheurs (Groupe RE) de l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC) et responsable de l’équipe de négociation. « Le fait que les scientifiques et chercheurs, les personnes les plus réfractaires aux conflits dans la société, soient prêts à s’opposer devrait faire réfléchir le gouvernement. Nous nous inquiétons des dommages à long terme causés à la santé publique, à l’environnement et à l’économie par la sous-estimation de la science publique et l’affaiblissement de ses capacités. »
Les chercheurs-chercheuses et scientifiques affirment que cette ronde de négociations survient à un très mauvais moment, alors que le Canada a besoin de tous ses talents et de ses meilleurs cerveaux pour la recherche et l’implantation de solutions pour contrer un contexte d’incertitudes planétaires. Pourtant, juste en 2026, la science publique est marquée par des avis de réaménagement des effectifs et des coupures de postes, d’examen exhaustif des dépenses dans des budgets déjà bien maigres et de l’érosion de l’expertise scientifique interne au sein du gouvernement.
Les scientifiques fédéraux affirment que les négociations à venir ne se limitent pas aux salaires ou à une convention collective. Il s’agit de protéger la capacité scientifique publique sur laquelle les Canadien·nes comptent tous les jours.
« Lorsqu’un gouvernement coupe dans la science publique, nous perdons plus que des emplois », ajoute Bryan van Wilgenburg, président du groupe des scientifiques (Groupe SP) de l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC). « Nous perdons confiance dans la sécurité de nos aliments, des pesticides, des médicaments, des trains et des avions. Nous perdons la capacité de détecter les risques à un stade précoce, de réagir efficacement aux problèmes et de prendre des décisions fondées sur des preuves. Une fois cette expertise publique perdue, sa reconstruction peut prendre des années, dans le meilleur des scénarios. »
Les chercheurs-chercheuses et scientifiques travaillent dans l’ensemble du gouvernement fédéral dans des domaines qui protègent la population et soutiennent la prise de décision fondée sur des données probantes, notamment la sécurité des aliments et des médicaments, la préparation aux situations d’urgence, la surveillance de l’environnement, la pêche et les océans, la climatologie, la santé publique, la propriété intellectuelle et les études d’impact.
Il s’agira de la deuxième manifestation de l’histoire des chercheurs et scientifiques dans la ville de Québec, la dernière ayant eu lieu en octobre 2014 lors des compressions budgétaires massives et du musèlement de la science publique sous un gouvernement conservateur.
L’Institut représente plus de 80 000 professionnel·les du secteur public un peu partout au pays, dont plus de 1 500 fonctionnaires pour la région de la Ville de Québec seulement. On y dénombre environ 180 chercheurs et 260 scientifiques fédéraux à l’emploi de Ressources naturelles Canada, d’Agriculture Canada et Agroalimentaire Canada et du Centre de recherche militaire de Valcartier. Suivez-nous sur Facebook sur X (anciennement connu sous le nom de Twitter) et sur Instagram.
– 30 –
Source : Relations avec les médias, 613-883-4900 (cellulaire), media@pipsc.ca