Rapport de la vice-présidente Katie Francis sur la participation au Sommet Broadbent 2026 et au Programme des leaders d’avenir

Publié | Dernière mise à jour 3 heures ago

L’Institut Broadbent est un groupe de réflexion social-démocrate canadien non partisan fondé par Ed Broadbent en 2011. Il produit des recherches, organise des dialogues progressistes et forme des organisations pour faire avancer la justice sociale et l’égalité. 

Chaque année, l’Institut Broadbent organise un Sommet sur le progrès qui permet aux militant·es progressistes, aux institutions démocratiques et aux dirigeant·es syndicaux de se réunir, d’échanger des idées et de trouver des solutions aux problèmes émergents. Cette année, j’ai été sélectionnée pour participer au sommet dans le cadre du programme des leaders d’avenir (PLA) proposé par l’Institut Broadbent. Il s’agit d’un programme supplémentaire d’une durée d’un an qui permet aux participants d’acquérir les compétences nécessaires pour construire une société plus juste et plus inclusive grâce à une combinaison de formations, de mentorat et d’ateliers. Le programme honore l’héritage d’Ed Broadbent pour former la prochaine génération de leaders progressistes dans la lutte pour l’égalité et la justice. Ce programme s’est déroulé du 4 au 6 mars 2026.

Programme des leaders d’avenir

Le mercredi matin, les participant·es au PLA se sont réunis pour la première fois. Le groupe comprend des dirigeant·es d’organisations syndicales, d’organismes à but non lucratif et d’organisations étudiantes ayant des objectifs similaires et progressistes. Après de brèves présentations, le groupe a participé au premier atelier sur la stratégie et sur la manière d’influer dans l’élaboration de notre propre stratégie. Au cours de cette séance, nous avons abordé la question de la persuasion, dont les études ont montré qu’elle se décompose en 50 % de bienveillance, 35 % de dévouement et 15 % de compétence, soulignant ainsi l’importance de « connaître » quelqu’un si l’on veut le « toucher ». Nous avons également étudié la manière d’élaborer une stratégie réussie en examinant les forces et les faiblesses et en transformant nos faiblesses en nos forces / « leurs » faiblesses. Les conseils offerts en matière de stratégie aideront à élaborer une meilleure stratégie à long terme pour l’Institut.

L’atelier suivant de la journée portait sur le leadership et les fondements qui font un leader d’exception. L’animatrice a expliqué comment surmonter l’aspect humain du leadership qui peut conduire au syndrome de l’imposteur et à l’isolement, et qu’il est essentiel pour les bons leaders de bien définir leur responsabilité et leur mandat. Elle a également souligné que les bons dirigeants doivent faire preuve de respect et d’empathie, en plus de donner à leur équipe les moyens d’agir. Nous avons terminé la séance en discutant des compétences en matière de résolution des conflits, notamment de la manière d’établir les objectifs communs dans la résolution des problèmes.

Enfin, nous avons tenu une courte séance sur la formulation d’un récit public pour attirer les gens dans un mouvement. Cette séance s’est appuyée sur le travail de l’organisateur Marshall Ganz et nous a appris à élaborer une histoire qui résonne de manière à appeler les gens à passer à l’action. Cette leçon sera utile dans les efforts d’organisation et j’ai hâte de transmettre ce que j’ai appris avec mes collègues et les activistes de l’Institut.

Sommet sur le progrès

Le jeudi, nous avons rejoint l’ensemble des participant·es au Sommet sur le progrès lors de la séance plénière principale. La première séance à laquelle j’ai assisté était intitulée « Défendre la démocratie au-delà des frontières ». Elle a réuni des intervenant·es qui travaillent en première ligne pour défendre la démocratie. Amy Hewett-Olatunde, enseignante au Minnesota, a notamment décrit les défis auxquels son école est confrontée pour défendre ses élèves contre les problèmes actuels. Un député allemand, Rodion Bakum, a également parlé de la confrontation avec les idéologies d’extrême droite. L’organisateur Syed Hussan a également fait une présentation sur la défense des travailleur·ses migrants qui sont exploités depuis longtemps au Canada. Guillaume Lavoie de la FTQ était également présent et a parlé des attaques contre les syndicats lancées par Avenir Québec et du fait qu’il s’agit d’une stratégie perdante. Enfin, nous avons écouté la journaliste Rumineek Johal, de Press Progress, qui fait des reportages sur l’extrémisme de droite et se bat pour que les journalistes puissent faire leur travail librement. La défense des libertés démocratiques et des droits de la personne a été le thème central de tous ces entretiens. 

La séance suivante à laquelle j’ai assisté était intitulée « Façonner l’avenir économique du Canada — les travailleurs et travailleuses, le commerce et l’avenir ». Bea Bruske, présidente du Congrès du travail du Canada, Barry Swyer, président des TUAC, et Magali Picard, présidente de la FTQ, ont participé à cette séance. Au cours de celle-ci, les intervenant·es ont discuté des préoccupations liées au chômage des jeunes, aux compressions budgétaires dans le domaine de la science, au vieillissement de la population et à la crise des soins de santé. On nous a rappelé que la solidarité est un sport d’équipe et que les gens ont besoin de se voir représentés pour participer au changement. Les panélistes nous ont invités à demander des comptes aux responsables politiques afin de construire un Canada dans lequel nous voulons vivre. L’IPFPC organise une journée de lobbyisme en mars, au cours de laquelle nous rappellerons à nos député·es que les compressions dans les services publics ne sont pas la solution à une époque où le Canada tente de devenir plus autonome.

Jeudi, j’ai également assisté à la séance « Défendre les emplois dans une guerre commerciale — Perspectives canadiennes sur le travail, la sécurité et la confiance économique ». Cette séance a présenté des données issues d’enquêtes sur les opinions du public concernant l’emploi, les syndicats et les clivages démographiques. Les résultats indiquent que 36 % des participant·es considèrent les syndicats comme des défenseurs de l’emploi, et non comme des politiciens. Les résultats de l’enquête montrent également que la plupart des personnes interrogées estiment que la rémunération est importante pour un emploi, mais que de bons avantages sociaux, des vacances décentes et une grande sécurité de l’emploi sont presque aussi importants. Parmi les participant·es non syndiqués, les jeunes travailleur·ses sont les plus ouverts à l’idée d’adhérer à un syndicat. Les personnes interrogées ont également indiqué qu’elles sont favorables aux investissements dans les soins aux personnes âgées, les métiers, le logement, l’industrie manufacturière et les énergies renouvelables. Ces résultats peuvent aider à définir la stratégie future de l’Institut.

Le jeudi a également été consacré à un dernier atelier pour le groupe des « Leaders d’avenir » sur le thème de la consultation et des négociations. Cette séance a mis en lumière trois types de négociations : un style de compétition, une méthode gagnant-perdant sans tenir compte des besoins de l’autre partie; un style de compromis, qui donne aux deux parties le sentiment de ne pas avoir pleinement satisfait leurs besoins; et un style basé sur les intérêts, qui vise à résoudre les intérêts de toutes les parties impliquées. L’animateur·rice a fait remarquer que les négociations basées sur les intérêts ont tendance à donner les meilleurs résultats, car toutes les parties ont la possibilité de présenter leurs besoins, ce qui conduit à une meilleure compréhension au fur et à mesure que le processus progresse. Nous avons également travaillé sur plusieurs scénarios dans lesquels nous nous sommes exercés à consulter et à négocier en tant que parties adverses. Ces leçons et ces pratiques sont applicables aux consultations et aux négociations qui ont lieu à l’IPFPC et les compétences enseignées dans cette séance se sont déjà avérées utiles.

J’ai terminé la journée en participant à une réunion de création de coalition, organisée par l’ACEP, un autre syndicat de la fonction publique, dans le but de s’unir pour faire face aux mesures d’austérité. La stratégie consistait à identifier des collaborateurs potentiels afin d’élaborer des stratégies communes pour protéger les emplois de la fonction publique. Plusieurs syndicats et organisations du secteur à but non lucratif ont indiqué que la lutte contre l’austérité était une priorité pour eux. Plusieurs organisations se sont également inquiétées de l’incidence des mesures d’austérité sur le secteur agricole, notamment des réductions des services publics à Agriculture et Agroalimentaire Canada. Les conversations dans ce domaine devraient se poursuivre au fur et à mesure de l’évolution des mesures d’austérité des gouvernements fédéral et provinciaux.

Le vendredi, l’une des dernières séances du Sommet était consacrée à la construction d’une véritable souveraineté numérique canadienne et d’une IA démocratique. Paris Marx, de Technology Won’t Save Us, Sarah Ryan, du SCFP, Laurent Carbonneau, du Conseil canadien des innovateurs (Ottawa), et Mia Travers-Hayward, de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants, ont participé à cette séance. Les intervenant·es ont abordé l’importance de construire des systèmes technologiques canadiens, y compris des plateformes développées par le secteur public pour les activités du gouvernement, afin d’atténuer les risques de sécurité potentiels associés à l’utilisation de systèmes non canadiens. Ils et elles ont également abordé la possibilité que l’IA détériore l’emploi par une surveillance accrue, des algorithmes d’embauche pouvant donner lieur à des préjugés et des discriminations, et une réduction de l’autonomie et du contrôle des travailleur·ses. Ils et elles ont indiqué que l’IA et un budget d’austérité ne font pas bon ménage dans le cadre d’un programme de prestation de services et que la confiance du public doit être renforcée par la réglementation de l’IA afin de réduire les dommages causés aux travailleur·ses et au public. Il a également été indiqué que les travailleur·ses devraient être consultés sur la manière dont l’IA est déployée sur leur lieu de travail, car ce sont eux et elles qui comprennent le mieux la nature du travail. Enfin, l’IA dans la fonction publique devrait être une propriété publique, afin que l’ensemble de la population bénéficie de l’utilisation de la technologie.

La dernière séance à laquelle j’ai assisté était intitulée « Notre temps est venu — Mettre en œuvre le changement de NY à Toronto ». Grace Mausser, de la section new-yorkaise des socialistes démocrates d’Amérique, et Karla Webber-Gallagher, chef de cabinet de la maire Olivia Chow, ont participé à cette conférence. Ces intervenantes ont expliqué que le changement est un choix et que les maires de New York et de Toronto choisissent de rendre la vie plus abordable. Enfin, elles ont abordé l’utilisation de la joie comme outil de leadership et la possibilité d’établir de nouvelles relations avec les gens. Elles ont énoncé ce qui unit les dirigeant·es de Toronto et de New York, à savoir qu’ils et elles s’amusent en se fondant dans la culture de la classe ouvrière et en s’immergeant dans les personnes qu’ils ou elles représentent. 

Principaux points à retenir

Le thème du Sommet sur le progrès de 2026, « Défendre la démocratie au-delà des frontières », a sonné juste dans de nombreuses séances auxquelles j’ai assisté au cours des trois jours de la conférence. Les enseignements, les données et les compétences présentées au cours de ces séances seront utiles pour façonner la stratégie de l’Institut en cette période d’austérité. Le Sommet a également été l’occasion de nouer des liens avec d’autres syndicats du secteur public et d’autres organisations qui s’opposent aux mesures d’austérité et aux mandats gouvernementaux. Le programme des leaders d’avenir a offert d’autres possibilités de contacts avec des dirigeants de divers secteurs et du mouvement syndical, tout en proposant des ateliers relatifs au leadership et à la construction du mouvement. Cette occasion contribuera à renforcer les efforts de l’Institut en matière d’organisation et de mobilisation pour l’avenir.