Rapport sur ma participation au Collège syndical du Canada du CTC – 3e séance
Le Congrès du travail du Canada (CTC) est une organisation syndicale canadienne qui rassemble des syndicats nationaux et internationaux, des fédérations provinciales et territoriales du travail et des conseils du travail communautaires pour représenter plus de trois millions de travailleur·ses. Le Collège syndical du Canada (CSC) est un programme de formation de 15 mois réunissant des dirigeant·es syndicaux canadiens, offert par le CTC. Le programme complet comprend trois séances intensives; la troisième et dernière séance en personne pour ma cohorte s’est déroulée du 19 au 24 juillet 2026 à l’hôtel et centre de conférences Donald Gordon, à Kingston, en Ontario. L’hôtel est situé sur le territoire traditionnel des Anishinaabe et des Haudenosaunee, et je suis reconnaissante d’avoir eu l’occasion d’apprendre sur ces terres.
Nous avons commencé la séance par la présentation de nos projets d’apprentissage indépendant. Ma présentation portait sur l’équité au sein du mouvement syndical et sur la manière dont nous pouvons mettre en place de nouvelles structures axées sur l’équité afin de mieux soutenir les membres de l’IPFPC. Cela a consisté à examiner comment d’autres syndicats soutiennent leurs membres méritant l’équité, afin de déterminer comment je pourrais adapter leurs programmes aux structures de l’IPFPC. J’ai également trouvé quelques études sur l’équité au sein des syndicats, dont les recommandations et les conclusions ont alimenté mes propositions. Parmi les autres sujets abordés par d’autres intervenant·es, mentionnons notamment le soutien aux jeunes travailleur·ses au sein du mouvement syndical, la manière de se reconstruire après une grève et les moyens d’accompagner les membres en adoptant une approche tenant compte des traumatismes.
Le reste de la semaine a été consacré à un seul cours : « La croissance d’un mouvement : de l’intérieur et de l’extérieur », qui s’inscrivait dans la continuité du cours en ligne lancé quelques mois auparavant. Le cours comprenait deux sujets. Le premier sujet, intitulé « Travail et travailleuses et travailleurs dans un monde global », était animé par Jane Stinson, professeure à l’Université Carleton, et Lisa Freeman, chercheuse au CTC. Le deuxième sujet, intitulé « Gouvernance, lois et politiques », était animé par Adrian Smith, professeur à la Osgoode Hall Law School.
Lors de la première partie de ce cours, nous avons abordé les systèmes géopolitiques et économiques, la transformation du monde du travail à l’ère de la mondialisation néolibérale, ainsi que les structures de pouvoir et leur incidence sur le pouvoir des mouvements de travailleur·ses et de la classe ouvrière. Ce cours a exploré en profondeur les principaux processus sociaux, économiques et politiques qui ont façonné le monde du travail et les mouvements de résistance d’aujourd’hui, et il s’est articulé autour d’une série de lectures, chacune étant présentée par des étudiant·es de la classe. Ces discussions autour de lectures recommandées nous ont permis de comprendre comment ces thèmes s’appliquaient aux syndicats de chacun·e d’entre nous et comment ils ont façonné nos expériences au sein du mouvement syndical.
Lors de la deuxième partie de ce cours, nous avons abordé le droit du travail et l’action directe dans le contexte juridique actuel. Nous avons examiné de près les inégalités qui existent dans notre cadre juridique et la manière dont le droit criminel s’immisce progressivement dans le monde du travail. Une citation qui m’a marqué dans cette section est la suivante : « La majestueuse égalité des lois interdit aux riches comme aux pauvres de coucher sous les ponts, de mendier dans la rue et de voler du pain. » (Anatole France, 1894). Nous avons discuté de la manière dont le pouvoir des travailleur·ses se construit à partir d’un retrait collectif du pouvoir économique (p. ex., une grève). Nous nous sommes également penchés sur l’histoire du droit du travail d’après-guerre et sur la manière dont il a donné naissance au « syndicalisme responsable », dans le cadre duquel les grèves et les lock-out sont interdits pendant toute la durée des conventions collectives, le mécontentement est géré et les actions de rétorsion sont limitées. Cela constitue en soi une forme de contrôle qui a entraîné une inégalité du pouvoir de négociation. Nous avons discuté de la manière dont les employeurs ont la capacité de s’assurer de subvenir à leurs besoins en manipulant les marchés et en contrôlant l’économie, tandis que les travailleur·ses ne disposent que de leur pouvoir collectif de grève comme moyen de satisfaire leurs besoins fondamentaux. Nous avons discuté de la voie à suivre et de la manière dont un syndicalisme sans entraves pourrait constituer la clé pour aller de l’avant dans le contexte et le cadre juridique actuels.
Lors de notre dernière journée complète, nous nous sommes réunis pour célébrer la remise des diplômes de notre cohorte, puisqu’il s’agissait de notre dernière séance au Collège syndical. Lors de la remise des diplômes, plusieurs dirigeant·es syndicaux représentant les diplômé·es se sont joints à la célébration, ce qui a permis de réseauter et de discuter d’objectifs communs.
Dans l’ensemble, la troisième séance a été la façon idéale de conclure l’expérience du Collège syndical. Elle nous a offert de nombreuses occasions d’apprendre les un·es des autres, et m’a donné de l’espoir quant à l’avenir du mouvement syndical. Alors que cette incroyable aventure de 15 mois touche à sa fin, je suis reconnaissante d’avoir eu la chance de participer à ce programme et je suis heureuse des nombreux liens et amitiés que j’ai noués avec des dirigeant·es syndicaux de partout au pays. Je suis fière d’être la première diplômée de l’IPFPC issue de ce programme et j’espère que beaucoup d’autres suivront.
Katie Francis