L’IPFPC demande à l’ARC de suspendre l’élargissement précipité du retour au bureau

L’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC) demande à l’Agence du revenu du Canada et au Conseil du Trésor de suspendre tout élargissement des exigences de retour au bureau obligatoire jusqu’à ce que l’employeur puisse démontrer que les lieux de travail de l’ARC sont prêts, que les travailleur·ses ont été consultés de manière significative, et que le plan est juste, sûr, flexible et clair.
Publié | Dernière mise à jour il y a 2 heures

Les fonctionnaires savent ce qui se passe lorsque le gouvernement fédéral va de l’avant avant que les bases ne soient prêtes. Ils/elles l’ont constaté avec le système de paye Phénix, qui a connu de nombreux problèmes : les avertissements ont été ignorés, la mise en œuvre a été précipitée et les travailleur·ses ont dû en subir les conséquences pendant des années.

Aujourd’hui, les employé·es de l’Agence du revenu du Canada (ARC) constatent que ce modèle prend à nouveau forme. Un changement majeur sur le lieu de travail est imposé avant que l’employeur n’ait démontré que les bureaux, les systèmes et l’infrastructure sont prêts à le supporter.

L’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC) demande à l’Agence du revenu du Canada et au Conseil du Trésor de suspendre tout élargissement des exigences de retour au bureau obligatoire jusqu’à ce que l’employeur puisse démontrer que les lieux de travail de l’ARC sont prêts, que les travailleur·ses ont été consultés de manière significative, et que le plan est juste, sûr, flexible et clair.

« Les membres de l’ARC ne sont pas opposés à l’idée de faire leur travail », a déclaré Sean O’Reilly, président de l’IPFPC. « Ils/elles s’opposent à ce qu’on leur impose un système mal conçu qui ne fonctionne pas. »

Pour un trop grand nombre d’employé·es de l’ARC, la réalité du retour au bureau se traduit par des bureaux surpeuplés, des règles incohérentes, un nombre limité de postes de travail et plus de temps passé à gérer les aspects logistiques du lieu de travail qu’à accomplir le travail sur lequel la population canadienne compte. Certains membres se rendent au bureau uniquement pour travailler seuls, participer à des réunions virtuelles ou s’asseoir à l’écart des collègues avec lesquels ils/elles sont censés collaborer.

« Ce n’est pas de la collaboration. Il s’agit d’une formalité administrative », a déclaré M. O’Reilly. « Si l’employeur veut des employé·es dans les bureaux, il doit prouver que ces bureaux sont prêts. »

L’IPFPC a averti à plusieurs reprises que les mandats universels de retour au bureau ne tiennent pas compte des conditions réelles auxquelles les membres sont confrontés dans les ministères, les organismes, les régions et les lieux de travail. À l’ARC, ces préoccupations sont aujourd’hui à l’origine de frustrations et de conflits inutiles, car les employé·es sont contraints de se disputer un espace limité et d’absorber les conséquences d’une mauvaise planification.

« Il est tout à fait injuste d’obliger certains travailleur·ses à revenir quatre jours par semaine alors que d’autres ne doivent revenir que deux ou trois jours par semaine, en raison d’un manque d’espace de bureau », a déclaré Doug Mason, président du groupe Vérification, finances et sciences de l’IPFPC. « Il ne devrait pas y avoir d’augmentation de la présence obligatoire au bureau tant que le gouvernement n’aura pas consulté les syndicats et qu’il n’y aura pas assez d’espace pour tout le monde. »

L’employeur n’a pas démontré que l’élargissement des exigences en matière de présence au bureau améliorera le service aux Canadien·nes. Il n’a pas démontré que l’espace et l’infrastructure nécessaires étaient en place. Il n’a pas non plus démontré que les coûts, les perturbations et l’impact sur le lieu de travail avaient été correctement évalués.

L’IPFPC demande à l’ARC et au Conseil du Trésor de suspendre l’élargissement du mandat, de publier les preuves utilisées pour justifier la décision, et de travailler avec les syndicats sur une approche équitable, pratique et fondée sur des données probantes en matière de télétravail et de présence sur le lieu de travail.

« Les fonctionnaires méritent mieux qu’une nouvelle mise en œuvre précipitée », a déclaré M. O’Reilly. « Le gouvernement devrait tirer les leçons de Phénix et ne pas répéter la même erreur sous une forme différente. »

L’IPFPC demande à l’ARC de suspendre l’élargissement précipité du retour au bureau